Création 4
LOUISON DEMARSY
Cheminement de création
« A quoi sert de voyager si tu t’emmènes avec toi ? » Sénèque
« Voyager, pour moi, c’est quitter une seconde peau.
Celle que l’on porte au quotidien, façonnée par les obligations, le travail, les attentes et les préoccupations constantes. Une peau artificielle, derrière laquelle on se cache faute de temps pour être pleinement soi-même. Chaque jour, nous avançons en accumulant les questions, les doutes et les problèmes, jusqu’à oublier qui nous sommes réellement.
Le voyage devient alors un acte de dépouillement. Il permet d’abandonner cette enveloppe construite et de laisser apparaître une autre peau : la première, la plus intime, celle de notre véritable personne. Celle qui demeure enfouie, silencieuse, mais intacte. En voyage, cette part de nous se libère de ses angoisses et de ses contraintes. Elle s’autorise à exister sans pression, à respirer, à ressentir.
Voyager, c’est partir se ressourcer, mais aussi partir à la rencontre de soi-même. C’est apprendre qui l’on est, loin des repères habituels, en se confrontant à l’ailleurs. C’est un temps suspendu où l’on se redécouvre, où l’on se reconnecte à son identité profonde. Le voyage devient alors un chemin intérieur autant qu’un déplacement géographique : une quête personnelle, nécessaire, pour retrouver l’essentiel.
« Voyager, c’est une fête : on met la clef sous la porte, on se laisse à l’intérieur. On se donne rendez-vous à l’étranger. On regarde les rues, le ciel et les maisons. On se regarde soi-même dans les vitrines, étonné d’être où l’on est – c’est à dire ailleurs. On a changé. On est aussi neuf que ce qu’on voit. » Christian Bobin
À travers ma silhouette, les ouvertures et les revers matérialisent cette seconde peau dont nous cherchons à nous détacher lorsque nous partons en voyage. Cette enveloppe extérieure, teinte à l’encre de Chine, se diffuse sur le drap comme des taches, évoquant un quotidien saturé d’obligations et de préoccupations permanentes.
Les revers, quant à eux, laissent apparaître le blanc du drap, symbole de notre peau la plus intime. Ce blanc, enfoui en nous, représente notre véritable essence, révélée par ces ouvertures qui traduisent une libération progressive de cette seconde peau artificielle.
Certains détails font également écho à l’Hôtel Nolinski, et plus particulièrement à son spa, lieu de détente et d’évasion totale, où je parviens à me libérer pleinement de ma zone de stress. J’ai ainsi choisi de mettre en avant le peignoir et la serviette de bain, étendus sur un porte-serviette, à travers leurs tombés, comme des éléments familiers et apaisants, renforçant cette idée de lâcher-prise et de refuge. »